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Quand le travail blesse ceux qui veulent bien faire !

22 Jan 2026 | Article

Avant de blesser, le travail devrait être un espace de possibles. Un lieu où la créativité circule, où l’innovation se nourrit de la coopération, où la convivialité et le partage donnent du souffle au quotidien. Il devrait aussi être une promesse : celle de s’accomplir, d’être reconnu pour ses savoir-faire, de se sentir utile — car l’utilité donne du sens, à ce que l’on fait comme à la vie elle-même. Il devrait permettre de se construire, de s’émanciper, même si, aujourd’hui encore, certains — jeunes comme plus âgés — restent à l’écart de l’emploi.

Pourtant, dans de nombreuses organisations, le travail se dégrade. Il devient source de tracas, de souffrance, parfois de défiance. Pas partout, heureusement. Mais quand il fait mal, il détruit.

Quand tout bascule

Combien de patients me racontent ces réunions où ils ne sont là que pour « faire acte de présence », où leur parole n’est ni invitée ni entendue. Leurs parcours étaient jusque-là sans encombre : une carrière linéaire, une progression naturelle… jusqu’à l’arrivée d’un nouveau manager, le départ d’une directrice, un rachat, une fusion ou une réorganisation mal préparée. Et soudain, tout dérape.

Leurs verbatims disent le choc, l’incompréhension, la perte de repères :

– « J’étais la première femme diplômée dans ce domaine dans mon entreprise et soudainement ils n’ont plus besoin de moi. »
– « J’ai toujours été disponible, j’ai toujours eu de bonnes relations avec mon management, mais avec elle j’avais peur de poser des questions, alors que cela faisait partie intégrante de mon travail. »
– « Je crains de retourner travailler et de faire face à ce responsable. La pression et les risques d’accident ne sont plus supportables. »

Ces personnes, compétentes, investies, finissent par douter d’elles-mêmes. Elles se persuadent de ne plus être à la hauteur, de ne plus savoir travailler. Elles s’épuisent à tenter de maintenir un système qui ne les soutient plus.

Un travail qui se déshumanise

La charge de travail augmente partout. Le collectif se délite. La débrouille devient la norme face au manque de vision claire. Le management, trop souvent, ne manage plus des équipes mais des résultats. Les réorganisations incessantes empêchent d’ancrer les savoir-faire. Le travail devient mécanique, fragmenté, déshumanisé.

Ce qui rend malade, ce n’est pas le travail en soi. C’est :

– Ne pas pouvoir effectuer correctement son travail
– Ne pas avoir les moyens matériels, organisationnels ou procéduraux
– Ne pas pouvoir coopérer
– L’absentéisme ou le manque de collègues
– L’absence d’informations claires

Quand un salarié tombe malade de son travail, il a déjà franchi depuis longtemps ses limites.

Le réel du travail : ce que l’on ne voit pas

Et pourtant, heureusement que ces femmes et ces hommes sont là. Car le travail réel — celui que décrit la psychologie du travail — continue de se faire. Malgré les incohérences, les contradictions, les process inadaptés, ils puisent dans leurs ressources personnelles, individuelles et collectives pour que l’activité tienne debout.

Ce travail invisible, ajouté au travail prescrit, est un effort supplémentaire. Un effort qui finit par user, parfois jusqu’à la rupture.

Recréer du lien, restaurer la confiance

C’est pour agir à cet endroit précis que j’ai rejoint l’équipe de Siwa Relations. Notre mission : aider les organisations à retrouver une dynamique collective saine, respectueuse et durable.

Beaucoup d’entreprises et d’associations font appel à nous pour déminer des conflits, lever des freins, restaurer la coopération. Notre spécificité : une communication fondée sur le respect de chacun, quel que soit son rôle, du salarié aux plus hauts niveaux de direction.

Comme le décrit Siwa Relations :

Notre démarche d’analyse approfondie considère tous les aspects d’une situation de crise, incluant les facteurs organisationnels et humains. Nos experts examinent les comportements individuels et relationnels, les responsabilités partagées ainsi que les non-dits ou « sujets tabous ». Cette approche permet de comprendre les sources de tensions et d’identifier les solutions appropriées pour rétablir un climat de confiance et de bien-être au sein de l’entreprise. En mettant en place des actions ciblées et adaptées à chaque contexte, notre intervention vise à apporter un soulagement et plus de satisfactions au travail aux individus et aux équipes affectées par la crise. Nous travaillons à restaurer la communication et la coopération, ce qui permet de recréer un environnement de travail harmonieux, propice à la performance et à l’épanouissement de tous.

C’est cette vision, profondément humaine, qui m’a convaincue de rejoindre cette équipe.

Siwa Relations : www.siwarelations.com

Pour aller plus loin : deux lectures essentielles

Marie Pezé – Ils ne mourraient pas tous, mais tous étaient frappés

Marie Pezé, fondatrice des consultations « souffrance et travail », y donne la parole à celles et ceux que le travail a blessés. Elle y alerte sur l’aggravation des pathologies liées au travail et met à disposition, via le réseau Souffrance et Travail, des ressources précieuses pour comprendre et agir. Son engagement force le respect.

Nicolas Bouzou & Julia de Funès – La comédie (in)humaine

Les auteurs y décortiquent les dérives de nos organisations du travail. Leur analyse résonne fortement avec ce que me confient les personnes que j’accompagne. Ce livre éclaire autant les professionnels que les salariés qui ne comprennent plus ce qui leur arrive. J’y ai retrouvé, parfois avec stupeur, des situations que j’ai moi-même vécues lorsque j’étais salariée.

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